Episode 2 | Intuition et connaissances… mais dans quel ordre ?

Pour interpréter un tirage de Tarot, oui, on a besoin d’un minimum de confiance en soi et en son Tarot.

Et quand on est débutant, on pense que la confiance en soi va venir des connaissances qu’on va apprendre sur les Arcanes, les modes de Tirages, les symboles, les couleurs etc.

Alors remettons de suite les choses dans l’ordre : la confiance ne vient pas des connaissances.

Elle vient de la pratique.

Dans cet épisode, on parle de la véritable jambe d’appui pour lire le Tarot : l’intuition. Comment l’activer, comment ne pas l’éteindre, et comment elle se tricote avec les connaissances académiques… dans le bon ordre !

https://youtu.be/0JSbSNJweqw

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Transcription de l’Episode :

Bienvenue dans Vivre Intuitif, le podcast. Je suis Aline Delille, tarologue, formatrice et coach d’approche jungienne. Je vous invite à explorer avec moi le tarot comme outil de connaissance de soi.

Avant même de tirer les cartes, je suis persuadée que vous pensez à tout ce qu’il faudrait savoir comme connaissances académiques sur le sujet pour pouvoir le faire correctement. Et je suis certaine que vous vous dites : « Il faut que je connaisse la signification des 78 cartes », si j’utilise le Rider-Waite-Smith, ou des 22 arcanes majeurs si j’utilise le Tarot de Marseille, parce qu’en plus, ce sera plus simple, il n’y en aura que 22. Et puis les symboles, les couleurs, les chiffres et le symbolisme. Et je sais aussi que peut-être il y a des correspondances astrologiques et des trucs cabalistiques. Et si je rajoute à ça les différentes méthodes de tirage, la croix celtique et le tirage en croix et les différentes positions et les nuances entre tel et tel tarot.

C’est parfaitement assommant et ça ne donne pas du tout envie de se lancer, on est bien d’accord. Cette liste est beaucoup trop longue. Alors on se dit que de toute manière, on n’en saura jamais assez pour tirer bien les cartes, pour être un bon, entre guillemets, tarologue. Je dis entre guillemets parce que j’utilise le mot de tarologue, que ce soit pour une personne dont c’est le métier professionnel, c’est-à-dire que la personne gagne sa vie avec sa tarologie, ou un tarologue amateur. On peut être un très bon tarologue amateur, c’est-à-dire faire les choses avec sérieux, mener une consultation de tarologie avec sérieux et éthique. On peut le faire en amateur, de la même manière qu’on peut être un très mauvais professionnel. Et ça, d’ailleurs, c’est vrai dans toutes les professions et pas seulement en tarologie.

On se dit que la confiance en soi va venir grâce aux connaissances qu’on va acquérir sur un sujet. Mais pensez à d’autres choses que vous avez pu apprendre dans votre vie. Et je vous donne l’exemple de faire du pain. Je ne sais pas si c’est quelque chose que vous avez déjà essayé de faire. Ce n’est pas si facile à faire, de faire du pain. Pourtant, il n’y a pas beaucoup d’ingrédients, mais il y a énormément de paramètres. Et si on veut faire du pain correctement, à un moment donné, il va falloir mettre les mains dedans, dans la pâte. Pétrir, toucher. Y aller vraiment. On va pouvoir lire des livres de boulangerie, on va pouvoir consulter des sites, éventuellement regarder des vidéos qui vont nous apprendre. Et d’ailleurs les vidéos pour les gestes techniques, je pense notamment à comment donner de la force à sa pâte à pain, elles sont hyper importantes. Elles sont hyper intéressantes parce que c’est vrai que si on n’a pas un boulanger à côté de soi qui peut nous transmettre ce geste qu’on doit avoir dans les mains, la vidéo, effectivement, ça va être très intéressant de pouvoir apprendre comme ça. Mais je peux lire tous les bouquins de boulangerie de la Terre, je peux regarder toutes les vidéos de pétrissage du monde, à un moment donné, il va falloir que je me lance et il va falloir que je fasse du pain. Et que je me plante éventuellement selon tel ou tel paramètre. OK, mais de toute façon, un plantage est un apprentissage. C’est valable aussi dans le tarot.

Je vous entends d’ici, vous allez dire : « Oui, mais Aline, si je me plante par rapport à quelqu’un et que je dis à cette personne quelque chose qui serait faux ou quelque chose qui ne va pas l’aider ou que je fais un tirage qui ne va pas assez loin, etc. » Déjà, on est tout à fait en capacité de dire à la personne : « Écoute, tu sais, j’apprends, je débute. Donc je te propose qu’on fasse un tirage sur la problématique de ton choix. Ce qui m’aiderait vraiment, c’est que tu me fasses un retour après, derrière, pour me dire ce que tu en as pensé, qu’on débrief un peu sur le truc. » « Je suis encore en apprentissage. Écoute, je vais faire mon maximum, je vais faire de mon mieux. » Et ça, j’aurai l’occasion de vous en reparler dans des épisodes suivants. Comment on tire les cartes pour les autres et quel positionnement on adopte ? Et comment on fait, justement, pour ne pas imposer des interprétations à l’autre ? Mais comment on fait, au contraire, pour lui ouvrir des pistes de réflexion ? Mais à partir du moment où on a cette posture et ce positionnement et qu’on le fait avec éthique, on peut être parfaitement débutant. « Écoute, mon pain, il ne va peut-être pas forcément bien lever. Ce sera peut-être pas le pain le plus réussi, mais écoute, est-ce que tu veux quand même le goûter avec moi ? » Parfois, on peut aussi avoir de très bonnes surprises. C’est-à-dire que même en étant débutant, on peut faire aussi de très beaux tirages.

Si je n’ai pas besoin de connaissances dantesques et livresques dès le début pour tirer les cartes, de quoi j’ai besoin exactement ? Vous avez besoin de quelque chose que vous avez déjà. Et ce quelque chose, c’est votre intuition. Seulement voilà, l’intuition, on n’a pas l’habitude de s’en servir. On n’a pas l’habitude de se dire : « C’est mon intuition qui va me donner une réponse, une interprétation intéressante, pertinente dans ce tirage. » Et ça, ça nous vient, je pense, de l’école, des apprentissages qu’on a pu faire quand on était enfant, où effectivement, il y avait une bonne réponse à la conjugaison, il y avait une bonne réponse à l’équation mathématique, au calcul mathématique et que donc si on n’avait pas la bonne réponse, on avait, entre guillemets, tout faux.

Seulement interpréter un tirage de tarot, ce n’est pas conjuguer, ce n’est pas faire une équation mathématique. C’est plutôt comme de regarder un tableau dans un musée et de se laisser emporter par l’émotion qu’on peut ressentir, ou pas d’ailleurs, quand on regarde ce tableau, quand on regarde le tirage. Le travail devant le tirage, en réalité, ce n’est pas de venir convoquer des tas de connaissances stockées quelque part dans la mémoire comme si j’étais un ordinateur. C’est de laisser émerger la réaction spontanée et instantanée qui se produit quand je regarde les cartes, avant même d’engager vraiment ces fameuses connaissances, ma mémoire et mon mental. Et cette réponse là, elle est de toute façon automatique. Mon cerveau va capter l’image et quelque chose va s’associer automatiquement. On appelle ça un ressenti. Des fois, les gens parlent de flash, entre guillemets. « J’ai pensé à ça » ou « J’ai vu ça dans ma tête ». Ça s’est associé comme ça automatiquement. Une impression. Parfois même, ça peut être une sensation dans le corps. Et donc votre intuition est déjà là. Et c’est sa nature même. Elle précède la réflexion.

Quand vous faites une interprétation, quand vous faites un tirage, en réalité, le plus difficile, ce n’est pas d’aller rechercher la bonne signification de la carte. Ce n’est pas non plus d’activer votre intuition. C’est de ne pas l’éteindre. Et ça, c’est compliqué parce qu’on a vraiment eu l’habitude, je le disais, de l’éteindre par rapport à l’école. Et puis on a aussi l’habitude de l’éteindre, ma foi, parce que ce n’est pas rationnel. Enfin quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce truc de mettre des images devant soi et d’imaginer qu’elles vont raconter quelque chose de moi ou de la personne avec qui je suis en train de faire cet exercice complètement dingue ? C’est complètement, entre guillemets, irrationnel. Sauf qu’un autre mot pour dire irrationnel, c’est intuitif, justement. On cherche à générer de l’information intuitive sur une situation. Et la raison pour laquelle je cherche à générer de l’information intuitive sur la situation, c’est bien parce que quand je retourne le problème dans ma tête, c’est-à-dire dans mon mental, dans mon conscient, je n’en arrive pas à bout de ce problème. On est bien d’accord ? Donc c’est bien que je cherche un autre plan de conscience. Je cherche à aller titiller peut-être éventuellement des contenus qui seraient dans mon inconscient, c’est-à-dire des choses dont je n’ai pas conscience encore. Je cherche bien des réponses ou des pistes que mon cerveau rationnel n’a pas encore réussi à générer.

Donc écoutez vos premières impressions, observez les émotions qui surgissent quand vous êtes face à vos cartes et vraiment, faites confiance à ceux qui montent et dites-le, verbalisez-le. Et puis rappelez-vous bien aussi que chaque tirage étant unique, chaque tirage se produisant ici et maintenant sur une problématique bien particulière qui est celle que vous avez posée là maintenant à l’instant T. Quand vous êtes face à un consultant, c’est lui, c’est vous aussi dans ce moment-là. Donc ce moment ne se reproduira jamais, ce tirage ne se reproduira jamais non plus. Comment voulez-vous qu’à cette rencontre tellement subjective, il puisse y avoir une seule et vraie réponse qui serait en plus contenue dans la signification des cartes de Vivre Intuitif, peut-être, ou dans le petit livret qui accompagne votre tarot ? Ce n’est pas possible. Et là, vous voyez bien pointer ce que je prêche depuis un certain temps maintenant : c’est que l’interprétation du tirage se co-construit avec le consultant. Mais ça, on en reparlera dans un autre épisode.

Souvenez-vous bien, chaque tirage est unique et une carte va vous parler différemment selon le tirage dans lequel elle va tomber. Comme je l’ai dit, de par la question, de par le moment, de par les cartes aussi qui vont être autour, de par comment la posture des différents personnages va jouer sur cette partition qu’est le tirage qui est posé devant vous. Et évidemment, une grande partie de l’interprétation, c’est de faire dialoguer les cartes entre elles. C’est bien de connaître le deux d’épées, comme ça, par réflexe. Le deux d’épées, c’est du blocage. Le deux d’épées, c’est une décision que je n’arrive pas à prendre. OK, d’accord, mais qu’est-ce que ça veut dire quand il est à côté du trois de coupe ? Qu’est-ce que ça veut dire quand il est à côté du huit d’épées ? Dans le tirage, les cartes vont venir se renforcer, s’opposer, montrer une évolution, montrer une transformation. Et c’est ça qu’il est vraiment intéressant de sentir, de ressentir et d’interpréter. Beaucoup plus que quelque chose d’automatique et de mécanique qui consisterait à dire : « C’est un deux d’épées, donc il y a un blocage. »

Et puisqu’on est sur cette carte du deux d’épées, permettez-moi une anecdote personnelle sur cette carte. J’ai donné des ateliers tarot à la Société Jung de Seattle. C’était absolument génial. Il n’y a rien de mieux que de faire du tarot avec des personnes qui sont de sensibilité jungienne. Et le deux d’épées est sorti dans une des activités qu’on a faites ou dans mon tirage, je ne sais plus bien. Il faut savoir que la ville de Seattle se trouve tout au bord d’un bras de mer qu’on appelle Puget Sound. Ce n’est pas directement sur l’océan, c’est vraiment plutôt une sorte de bras de mer extrêmement découpé parce qu’il y a les monts Olympiques et les montagnes Cascades qui sont là aussi de manière très proche. C’est vraiment un paysage très particulier quand on est au bord de la mer, comme ça, à Seattle, de voir l’eau et les montagnes dans le lointain. Et ce jour-là, je me rappelle très bien, j’étais en train de conduire cet atelier et je me retrouve devant ce deux d’épées et je me dis : « Mais c’est moi. C’est moi entre la France et les États-Unis. Et c’est moi à Puget Sound. C’est moi dans le décor de Seattle. » Parce que si vous vous rappelez, dans le deux d’épées, il y a effectivement ce personnage qui tient les épées à la main et qui les croise sur sa poitrine et qui tourne le dos, à quoi ? À une étendue d’eau et à des montagnes. Faire cet équivalent entre le deux d’épées et Seattle, le symbole de Seattle dans ma vie, je ne trouverai jamais ça dans aucun livre de tarot. Ça n’existe pas. Ça ne peut pas exister. Et si demain, j’écris un livre sur la signification des cartes du tarot ou que je mets à jour le site internet de Vivre Intuitif, qui contient la signification traditionnelle des cartes du tarot, telle que j’ai souhaité, moi, l’écrire, je ne vais pas aller vous mettre cette référence qui est si personnelle. Néanmoins, c’est ça. C’est comme ça que le tarot nous parle. Il nous parle de notre paysage intérieur.

Et donc, si ce jour-là, ce deux d’épées, c’était moi entre la France et les États-Unis, en pleine réflexion, assise devant Puget Sound, c’était ça. Vous me direz : « Oui, mais alors du coup, ça sert à quoi de lire le livre qui accompagne le tarot ? Ça sert à quoi de faire des formations au tarot ? Qu’est-ce qu’il faut véritablement apprendre alors ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de tricoter l’intuition avec des connaissances académiques ? » C’est justement ça. Il faut réussir à tricoter les deux. On marche sur deux jambes et donc votre tarot va marcher sur deux jambes aussi. Ce que je veux vous dire aujourd’hui, c’est que votre jambe d’appui, c’est la jambe intuitive. C’est : le deux d’épées me fait penser à Seattle. C’est : le sept d’épées, je me rappelle là maintenant d’un autre tirage, ça me fait penser au Maroc. Pourquoi ça a fait penser à cette dame au Maroc ? Parce que le personnage porte un petit chapeau rouge qui fait penser au fez traditionnel du Maghreb. Le sept d’épées n’a rien à voir traditionnellement avec le Maroc, ce n’est même pas un fez que porte le personnage. Ça a plutôt l’air d’être un couvre-chef en fourrure, à vrai dire, quand on y regarde vraiment de très près sur le Rider-Waite-Smith classique. Et pourtant, ce jour-là, parce que la question justement portait sur des projets caritatifs que cette personne menait au Maroc, le sept d’épées parlait du Maroc. Oui, évidemment. De quoi d’autre aurait-il pu parler ? Puisque le tarot me parle de ce qui m’habite à l’instant T. Le tarot reflète ce qui se passe dans mon cœur et dans ma psyché. Donc ma jambe d’appui est toujours, évidemment, l’intuition.

Mais les connaissances académiques et les connaissances livresques sont intéressantes quand même, parce qu’elles vont venir, dans un deuxième temps, me proposer éventuellement d’autres pistes. Dans un prochain épisode, on va parler du principe de synchronicité. Le principe de synchronicité, qui a d’ailleurs été théorisé par Carl Gustav Jung, c’est de dire : « Il y a des choses dans le monde matériel que je remarque parce qu’elles reflètent des choses de mon monde intérieur et de mon paysage intérieur. » Et donc, vous avez dû entendre ça à droite ou à gauche, le tarot fonctionne avec le principe de synchronicité. Ce qui est tout à fait vrai. Donc si le tarot fonctionne avec le principe de synchronicité, alors ce sept d’épées ou ce deux d’épées, qui me parle d’un côté de Seattle, de l’autre du Maroc, peut-être qu’ils sont là aussi pour me parler d’autre chose. Et cette autre chose, c’est ce qu’on pourrait appeler l’énergie de la carte, c’est ce qu’on pourrait appeler la charge archétypale de la carte. Et ça, c’est hyper intéressant d’en avoir quand même une bonne idée, d’avoir compris dans le tarot ce qu’était la suite des épées, ce qu’elle représente dans ce langage symbolique qu’est le tarot. Qu’est-ce que c’est que le deux ? Qu’est-ce que c’est que le sept ? Qu’est-ce que c’est que l’acceptation traditionnelle du message de cette carte ? Et en quoi ça peut venir m’aider ou m’intéresser aujourd’hui, ici et maintenant, dans le tirage que je suis en train de faire ?

C’est à ça que ça sert les connaissances livresques, les connaissances sur la signification traditionnelle des cartes. Ça vient en appui, ça vient en contre-feu, ça vient en contre-éclairage de ce que j’ai pu ressentir, moi, déjà, à la base. Vous voyez ? Et donc ce qui est important, c’est de le construire, mais à froid. Pas pendant qu’on est en train de tirer les cartes et d’interpréter le message. Quand on tire les cartes et qu’on interprète le message, je pense qu’il faut vraiment essayer de se donner l’opportunité d’en retirer un maximum par soi-même. Vraiment par soi-même. Et puis seulement dans un deuxième temps, d’aller voir ce qui est dit sur telle ou telle carte par tel ou tel auteur. Et de voir, encore une fois, si ça vient approfondir des choses, si ça vient questionner des choses ou si ça vient confirmer des choses. Et c’est comme ça que c’est intéressant. Encore une fois, ce n’est pas le corrigé de l’exercice de mathématiques. C’est l’opinion d’une personne qui a travaillé son sujet énergétique, qui a travaillé la charge archétypale des cartes et qui vient dire : « Le deux d’épées, traditionnellement, c’est ça. Est-ce que cela vient éclairer le message du tarot aujourd’hui par rapport à votre problématique ? »

Et donc ça veut dire que pour être un, entre guillemets, « bon tarologue » ou pour, entre guillemets, « étudier son tarot », vous n’allez pas vous limiter au seul livre sur le tarot. Vous allez penser aux films qui vous touchent, vous allez penser à d’autres œuvres picturales qui vous estomaquent. Les chansons qui vous bouleversent, les romans qui résonnent, la poésie, les conversations, la vie. Vous allez vous nourrir en réalité de tout ça. Tout ça va venir alimenter votre réservoir symbolique. Et c’est dans ce réservoir symbolique que votre intuition vient puiser pendant les tirages. Vraiment. Vraiment. C’est vraiment comme ça que ça se passe.

J’ajoute aussi qu’il y a des gens qui en savent énormément sur le tarot, sur l’histoire des cartes par exemple, qui peuvent disserter pendant des heures sur la vraie couleur du chausson de l’Impératrice dans telle version de tel tarot, qui serait la vraie de vraie version, etc. C’est surtout vrai des gens qui pratiquent le Tarot de Marseille, ce que je vous dis là. Ils peuvent se chipoter entre experts sur des détails iconographiques pendant des heures. Ok, d’accord. Est-ce que ça les aide à mieux comprendre le fonctionnement humain ? Est-ce que ça les aide à mieux comprendre leur propre psyché ? Est-ce que ça les aide à accompagner leur consultant vers une meilleure élaboration de ce qui est en train de se passer chez lui ou chez elle ? Je vous pose la question. Vous devinez quand même un petit peu ma réponse. Je pense que la réponse est non. Non. La couleur du chausson de l’Impératrice, elle a de l’importance si ça résonne ici et maintenant pour le consultant dans la problématique qu’il est en train de débroussailler, si je peux dire ça comme ça, avec le tarot et avec vous, le tarologue. Un cadre théorique, c’est utile si ça nous aide à mieux comprendre ce qui est en train de se passer, à mieux se comprendre soi, à mieux accompagner l’autre, à mieux se comprendre lui. Sinon, c’est des querelles d’experts sur telle version du tarot à telle époque, machin bidule, etc.

Tout ça pour dire que le but n’est absolument pas de tout savoir sur le tarot. Le but, c’est de dialoguer avec les cartes. Et c’est probablement cette compétence-là qui est la plus difficile à acquérir, tant que vous serez complètement persuadé que vous devez en connaître tout un rayon avant de pouvoir tirer. Donc vraiment, s’il y a une chose à retenir de ce podcast, c’est : donnez-vous l’autorisation de tirer les cartes sans tout savoir et donnez-vous l’autorisation de regarder les cartes et d’écouter et de verbaliser ce qui émerge en vous.

Et en conclusion, je dirais que les connaissances et l’intuition ne s’opposent pas. Elles se complètent. C’est juste deux volets, deux aspects différents de l’interprétation d’un tirage. Plus vous allez connaître l’énergétique, la charge archétypale des cartes, plus votre intuition deviendra précise. Et en même temps, vous connaîtrez la charge archétypale et l’énergétique des cartes parce que vous les aurez utilisées et parce qu’elles seront apparues dans vos tirages et que vous les aurez interprétées. Ok ? Et c’est bien votre intuition qui personnalise votre interprétation et qui la rend unique. Et heureusement que votre interprétation est unique parce que nous sommes tous uniques. Donc allons au-delà des définitions figées, adaptons notre message de tarologue à la situation réelle de la personne en face de nous. Et donc, si le Sept d’Épées, ma foi, c’est le Maroc, allons-y. Oui, ce jour-là, le Sept d’Épées, c’était le Maroc.

Sachez aussi que vous allez continuer à apprendre, évidemment. Vous allez vous dire : « Tiens, aujourd’hui, le Sept d’Épées, ce n’est pas du tout le Maroc. Le Sept d’Épées, aujourd’hui, il me parle de tirer mon épingle du jeu. Quand je suis en train de le tirer pour mon contexte professionnel à moi, par exemple, là, clairement, je me vois en train de partir en catimini sur la pointe des pieds. Oui, je me vois en train de postuler, par exemple, à d’autres offres d’emploi. » Oui, c’est ce que je me vois en train de faire quand je vois cette carte. Alors du coup, est-ce que j’actionne ? Est-ce que je n’actionne pas ? Pourquoi est-ce que je ressens ça en voyant le Sept d’Épées aujourd’hui ? Qu’est-ce que ça me dit sur ma situation au travail actuellement ? Qu’est-ce que ça me dit sur mes aspirations ?

Concrètement, pendant un tirage, regardez la carte, regardez les cartes, laissez votre première réaction arriver. Accueillez ce qui monte sans chercher THE bonne réponse. Et si rien ne venait à ce moment-là, commencez. Commencez par raconter l’histoire de la carte. Je vois un personnage qui tient des épées dans ses mains, se retourne pour en regarder d’autres qui visiblement restent plantés derrière lui. Mais tout son corps est tourné de l’autre côté et on dirait qu’il s’en va sur la pointe des pieds en regardant ce qu’il laisse derrière lui. Si je décris l’histoire du sept d’épées, c’est ça que je pourrais dire. Si ça, ça raconte quelque chose de ma vie, ça parle de quoi dans ma vie ? Et là, vous actionnez le principe de synchronicité.

Et si vraiment, vous êtes bloqué, ou si vraiment, vous avez envie d’une autre perspective que le Maroc ou ce qui vous est venu spontanément sur le sept d’épées, vous allez jeter un petit coup d’œil à vos fiches mots clés que vous avez téléchargées sur Vivre Intuitif. Je vais vous remettre dans les notes en dessous du podcast l’adresse si vous n’avez pas encore vos fiches mots clés. Ces mots clés, ce seront des points d’appui. Pas beaucoup plus que ça. Et toujours, appuyez-vous sur ce qui émerge spontanément. Toujours. C’est bien plus intéressant, c’est bien plus vrai, c’est bien plus authentique et c’est bien plus intuitif.

Si ce podcast vous plaît, le meilleur cadeau que vous puissiez me faire, c’est de laisser un avis cinq étoiles, là où vous écoutez ce podcast, sur Apple Podcast, Spotify ou toute autre plateforme. Quand vous laisserez votre avis, posez-moi une vraie question. Une question sur quelque chose qui vous tient à cœur en ce moment. Et je choisirai une question issue de la communauté pour faire un tirage en deux ou trois cartes dans le podcast dans un prochain épisode. Nous verrons ensemble ce que le tarot aura à dire sur cette question que vous aurez posée.

J’aurai grand plaisir à vous retrouver la prochaine fois. Et c’est bien possible d’ailleurs qu’on parle du principe de synchronicité. À très bientôt.

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